/publications

 

 

 

 

Première publication parue en avril 2018

Ce recueil de proses et de poésies

regroupe une selection de textes

que l'artiste considère comme ses croquis

Il est agrémenté d'illustrations réalisées elles aussi

par Sophie Chédeville

/vidéos

Participation à l'émission TVR Soir

- avril 2016

 

 

> Suivre le lien TVR - Début intervention à 18min06 !

Rencontre avec l'artiste Sophie Chédeville et le compositeur Mark Sweeting

Musique ©Mark Sweeting

> Chaine You tube Ville de Saint-Malo -  avril 2016


/entretien

Clotilde Scordia - 2016

Entretien dans le cadre de l'exposition Humanation / 2016 Chapelle Saint-Sauveur, Saint Malo. 


1. Tu as commencé la peinture avec le trompe-l’œil, pourquoi l’avoir abandonné pour la peinture figurative ?

Le trompe-l’œil était pour moi plus rassurant, cadré, précis. Je sortais d’un cursus scientifique pour faire de la médecine et j’ai arrêté. Cependant, j’ai poursuivi avec 4 ans d’études techniques (dessin, photo, packaging, concept). Mais la peinture me manquait et je me suis dirigée vers une technique réglée au millimètre que je savais pouvoir maîtriser, avec laquelle je ne me mettais pas en danger, toujours persuadée de ne pas être peintre, une artiste. Mais au moins j’étais en contact avec la matière, les odeurs, les couleurs, les mélanges… Une approche mathématique de mon envie profonde de peinture était déjà beaucoup. Après plusieurs années de cette pratique, j’ai été confrontée au manque de liberté et d’expression, le manque d’allant, d’énergie, et puis devoir cadrer à un souhait de clientèle n’était plus possible, j’étais rattrapée par mes envies de peindre, en vrai. Alors j’ai tout mis de côté, je me suis mariée et eut mes enfants. Et puis un jour je me suis retrouvée sur un bateau pour Chausey par un très mauvais temps, des vagues, des embruns… Rentrée à terre, j’étais « guérie », je ne pouvais plus reculer, je me suis mise à peindre et je n’ai plus cessé.

  

2. Le dessin tient toujours une place primordiale dans ton travail, à l’origine de chaque toile, y a t-il un croquis ? 

Le dessin quant à lui tient la place de l’inaccessible, du complexe ! J’ai toujours dit que je ne savais pas dessiner (bien que cette certitude me passe) alors je cherche sans arrêt le trait. Le dessin est un symptôme, une douloureuse naissance aussi, une réalité absente. Et en même temps le dessin me permet d’oublier la toile trop présente qui se forme dans ma tête et s’élabore quelque part dans une nébuleuse, qui me hante tout le temps, jusqu'à ce que tout d’un coup elle décide de s’imposer, là, tout de suite, alors je n’ai plus qu’à laisser parler les mains. Le plus souvent je tourne autour de la toile avec les croquis, il n’y a pas à proprement parler de croquis de la toile ou très peu, mais il y en a beaucoup qui « parlent » autour, une sorte de rite pour m’amadouer avec la toile, un reste de « je n’ose pas », « je ne suis pas »… Quand j’ai dompté la toile et que j’en prends conscience j’arrête tout parce qu’il n’y a qu’une seule toile, quel que soit le médium. La toile n’est pas duplicable.

 

3. Les références christiques de certaines toiles se mêlent souvent à un univers de violence et d’expiation. 

Je suis très marquée par l’idée d’être « parfaite », une influence judéo-chrétienne, la place à tenir en tant que femme, de son rang social, et une rébellion revêche et très forte, mes armées celtes, ou bien mes ancêtres vikings, irlandais et siciliens… va savoir. Je suis une anarchiste bourgeoise, et évidement il n’y a de place pour moi dans aucun camp, c’est une guerre acharnée intérieure constante. Mais la réconciliation se produit dans la peinture et alors je parle de mon amour de l’humain, de ses faiblesses, de ce qui le brise et qui par là-même le rend beau et fort. J’aime son acharnement à vivre, je demande pardon tous les jours, ne nous a t-on pas dit que nous serions sauvés ? Et je me révolte aussi en parallèle tant et plus contre toutes les formes de soumission ! Je jette, je prends, je hurle les silences, dans un bocal en verre, oui, c’est violent, ça cogne. L’accouchement de nos démons et de nos Vérités… Expier et peut-être naître peintre...

 

4. Tu as un univers assez tourmenté, même les paysages marins sont agités, la peinture est-elle pour toi une confrontation avec les forces vives ? 

Oui, la peinture est une confrontation aux forces vives,  elle est ma source même, c’est un genre de danse entre l’homme civilisé et le tempérament sauvage ancestral et indomptable inhérent à ce même homme ; il faut aller jusqu’au KO pour que naisse alors l’Osmose, le choc de deux univers, qui laisse place à l’Ondulation, la Reconnaissance, le Souvenir de cet autre diapason ancré loin, je suis sûre que c’est la clé. J’aime le vent, les vagues, la force de la masse de la mer, la férocité puissante et sereine des rochers, le bruit des arbres. Cela est une expression extériorisée de nos agitations, de nos cris silencieux.

 

5. Quel est ton rapport à la musique ? Peins-tu en écoutant de la musique ? Et laquelle ? 

Avec la musique je ressens plus fort le « flottement », l’apesanteur , il y a toujours de la musique à l’atelier, pour dire les émotions, les vivre, les mettre en exergue, j’écoute aussi bien du classique (Schubert, Satie, Villa-Lobos) que de la transe électro. Et puis il y a eu celle de Mark, je l’enfilais comme une combinaison pour plus longtemps dans mon autre univers, aller plus loin dans ce que j’aime appeler mes fosses de Marianne.

Maintenant j’évolue avec les sons incroyables de Cyril, un univers tout en paradoxe, en superposition,  Je regrette seulement de ne pouvoir la montrer, alors je peins, je peins, je cherche la vérité du trait, l’essentiel de ce silence qui dit tout et je le retranscris pour tous, parce que je suis sûre que ces profondeurs là sont universelles et qu’elles sont notre lien, qu’on n’est pas si seul après tout.

photo © Camille Collin
photo © Camille Collin

Clotilde Scordia

Historienne d'art

 


/presse

la ville de Saint Briac a reçu une oeuvre des mains de l'artiste pour sa collection permanente

 

première publication

proses et poésies, Humanation 


//Exposition Ah ! l'Amour ! (et son cabinet de curiosités) / Fort du Petit Bé, Saint-Malo / août-septembre 2016


Exposition de Sophie Chédeville et de Intemporal Analogic Sound

Du lundi 1er août au mercredi 21 septembre 2016

Exposition accessible selon les horaires des marées 

le pays malouin jeudi 4 août 2016


Sophie Chédeville a intégré le Collectif de la Balissade
Sophie Chédeville a intégré le Collectif de la Balissade

 

 

Exposition Cailloux ou une histoire de mer - août 2014 - Ouest France


Exposition L'Eve de l'été, tentatrice.

Rêve, réalité, ou fantasme ? - juillet 2016

Exposition L'A(MER) é(MOI)

 juillet 2015 - Télégramme Lannion 



L'atelier, comme si vous y étiez...